Thème de l’année 2017-2018 : L’empreinte

Cette année, l’équipe Critère veut susciter une réflexion et une rêverie à partir de l’image de l’empreinte et de tout ce qu’elle peut signifier, évoquer, éveiller. Bien sûr, le mot renvoie immédiatement dans notre esprit aux traces laissées malgré eux par les malfaiteurs, après l’exécution de leur crime (et donc à la fiction policière), mais il peut impliquer bien autre chose que des empreintes digitales.

Car il y a d’autres types d’empreinte. L’une des expressions les plus à la mode depuis le début du siècle, et pour cause, c’est celle d’ « empreinte écologique », qu’il faut diminuer à tout prix si l’humanité souhaite poursuivre son aventure sur cette planète. La masse considérable de déchets produite par les êtres humains est en effet la preuve embarrassante de leur culpabilité dans l’assassinat de leur environnement. Le genre de trace qu’on aimerait pouvoir faire disparaître au plus vite. Nous aimerions tous laisser un autre témoignage de notre passage en ces lieux.

L’héritage qu’on laisse, sciemment ou pas, positif ou non, imprègne la génération suivante, qui n’est pas toujours libre de choisir si elle l’accepte ou non. C’est vrai pour les pays qui ont été le théâtre de guerres traumatisantes, qui condamnent leurs enfants et petits-enfants à composer avec ce lourd passé. C’est également vrai pour les actions et les réalisations de nos propres parents, qui influencent souvent à notre insu l’existence que nous choisirons de mener.

Le verbe « empreindre » nous permettra d’élargir le spectre d’action de notre thème. Si la langue anglaise utilise le terme « pregnant » pour désigner la femme enceinte, c’est que, comme tant d’autres mots anglais, il l’a emprunté à la langue française. « Imprégner », au douzième siècle, signifiait précisément « rendre enceinte, féconder ». Mais rapidement il a signifié plus que cela : imprégner quelqu’un d’un sentiment, par exemple, c’est le lui communiquer jusqu’à ce qu’il le fasse sien. On est aujourd’hui encore, dans la langue soignée, tout imprégné de la pensée d’un philosophe ou de l’expérience qu’on a faite d’un spectacle, d’un film qu’on a vus. L’impression durable que nous laisse une aventure, quelle qu’elle soit, c’est cela aussi, une empreinte. Et l’on s’aperçoit alors qu’on peut soi-même être la part passive, la surface qui reçoit, le sol qui garde la trace d’un passage, d’une rencontre marquante, le sable qui conserve le souvenir de la forme d’un pied nu, d’une sandale, ou de pneus.

Des raquettes dans la neige peuvent évoquer les Amérindiens, des pattes de loup le danger, celles d’un oiseau sur la plage l’exotisme. Les cinq doigts de la main sur le visage : la violence domestique. Sur le col blanc de la chemise, deux lèvres rouges ?

Et vous-même, avec le texte que vous écrirez, quelle trace laisserez-vous ? Car l’empreinte, c’est ce qui reste de soi quand on n’y est plus…

Présentation générale

Notre but est de repérer et de faire connaître de jeunes auteurs de talent, mais aussi d’inciter tous les jeunes qui en ont envie, littéraires ou non, à inventer une histoire ou à réfléchir par écrit sur un thème différent à chaque édition. Chaque texte est évalué et commenté par un jury d’experts.
Le concours Critère est une compétition d’écriture littéraire offerte depuis 1976 à tous les étudiants à temps complet ou à temps partiel des collèges d’enseignement publics ou privés de la province de Québec. Actuellement, il y a chaque année huit lauréats, qui se partagent 5 000 $ en prix (entre 500 $ et 1 000 $ chacun).
Le thème de l’année est annoncé à l’automne et les étudiants ont jusqu’à la mi-mars pour s’inscrire et envoyer leurs textes. Les résultats sortent vers le 1er mai. Les étudiants désireux de participer doivent contacter le responsable de leur cégep/collège, qui paiera les frais d’inscription (75 $) s’il est bien inscrit à cette activité du Réseau intercollégial des activités socioculturelles du Québec (RIASQ).

Témoignages d’anciens lauréats du concours